1961
Liège

Tour cybernétique

Installation
Installée en 1961, la Tour cybernétique de Liège est l'oeuvre la plus monumentale de Nicolas Schöffer. Fidèle à l'intérêt qu'il porte à la cybernétique, l'artiste base le fonctionnement de sa sculpture sur un cerveau électronique (encore visible aujourd'hui dans un local vitré) destiné à enregistrer et analyser une série de données fournies par ses organes de perception (trois microphones pour recueillir les bruits environnants, trois cellules photoélectriques pour capter les variations d'intensité lumineuse, un hygromètre pour le degré d'humidité et un anémomètre pour les vents). Une fois analysées, ces données sont organisées en fonction de trois types d'actions (mouvement, éclairage et son) susceptibles d'être combinées les unes aux autres. Une "cellule d'indifférence", véritable libre arbitre de la sculpture complète, l'ensemble et permet au cerveau de créer, de manière imprévisible, des ruptures entre les données perçues et les effets qu'elles peuvent susciter. LE MOUVEMENT - Sur l'ossature en tube d'acier qui délimite et cadence l'espace, l'artiste a fixé 64 pales en aluminium poli, mues, sous l'impulsion du cerveau électronique, par 33 moteurs. La complexité des rapports formels nés du rythme de la structure d'acier combinés à ceux des éléments en aluminium engendre une dynamisation spatiale, véritable "sculpture d'espace en absolu". L'ÉCLAIRAGE - Les possibilités plastiques offertes par le travail de l'éclairage naturel ou artificiel amènent Schöffer à "sculpter la lumière". La journée, la rotation des pales de la Tour cybernétique diffuse le reflet des rayons du soleil et, la nuit, 120 projecteurs multicolores, commandés par le cerveau électronique, créent un ballet d'éclairs artificiels. Au sommet de la tour, un projecteur de forte puissance jette un faisceau lumineux vertical qui troue le ciel et prolonge l'élancement de la structure métallique. LE SON - Pour la Tour cybernétique, Henri Pousseur a composé 12 séquences musicales à partir de bruits de la ville et de percussions sur la sculpture. L'ensemble des compositions est réuni sur cinq enregistrements superposables à partir de cinq magnétophones indépendants, afin de permettre au cerveau électronique de combiner une infinité d'effets sonores. Faute d'entretien régulier sans doute trop onéreux, tout ce dispositif est aujourd'hui à l'arrêt. Véritable témoin archéologique d'une époque révolue de foi absolue en la technologie, la Tour cybernétique constitue toujours une intéressante intégration à l'environnement naturel et au parti architectural moderniste du Palais des Congrès. (Texte : Pierre Henrion, Parcours d'Art Public - Ville de Liège, 1999, notice H4)

Artistes

Emplacement

Parc de la Boverie (à proximité de la volière du parc)