1982
Liège
Anne et Patrick POIRIER
La stèle de Tikal
Sculpture
Les Poirier pratiquent avec méthode. Lors de leurs nombreux voyages, l'écriture est importante. Leurs carnets de routes retiennent leurs impressions, consignent notes, dessins et croquis en un corpus qui charpente les paliers de leur création.
Le site de Tikal, mondo perdido, n'avait pas manqué d'impressionner le couple lors d'une de ses "errances déambulatoires" au coeur de la forêt vierge.
"Cette idée permanente de représentation des escaliers infinis dans leurs constructions les avait amenés à se transporter sur tous les sites où ces escaliers avaient une présence et une similitude en plus de cette similitude de l'aspect ruiné des bâtiments... Les escaliers émergeaient de cette immense forêt vierge, ces escaliers vertigineux, presque verticaux, sans aucun décor, désormais exemplaires d'architecture, mais étourdissants dans leur verticalité..." (notes de voyage).
Réinterprété par la mémoire, le temps maya, réduit en taille, a gagné en verticalité ce qu'il a perdu en monumentalité. L'obsession de l'escalier a produit la construction. Entre l'architecture de Charles Vandenhove et la pyramide de Tikal, le dialogue formel s'installe dans un jeu de correspondances rythmiques.
Sur la place urbaine de Tikal, un gargouillis évocateur signale la présence d'une vasque, d'où l'eau s'écoule en une rigole qui aboutit au pied de la sculpture. La stèle se dresse dans une atmosphère feutrée, où les bruits de la ville parviennent en sourdine.
(Texte : Marie-Caroline Florani, Parcours Art Public - Ville de Liège, 1999, fiche N4)
Artiste
Emplacement
Cour Saint-Antoine, 4000 Liège
Province de Liège 
Province de Liège